9 January 2021

L’intégrale de Caturgeas (3+ 600m)

C’est la reprise, voilà deux ans que je n’ai pas été en cascade. Depuis la naissance de ma fille en fait. On – ou plutôt Florian – se fixe comme ambition d’aller faire une classique de la Grave, dans laquelle je suis déjà allé deux fois, mais jamais dans sa version intégrale :

La Grave – Malaval versant S : Caturgeas – parcours intégral (D III X3 P3 3+ 600m)

Je rejoins Florian un vendredi soir après le boulot à la gare de Grenoble, et nous filons poser le van au pied de la cascade.

Levés vers 7h30, nous préparons les sac et démarrons la grimpe à 8h26. Il y a néanmoins plus lève tôt que nous ; trois cordées sont déjà engagées !

Nous tentons de les doubler efficacement sans trop les gêner. Il faut croire que nos automatismes, individuels et de cordées, ne sont pas encore remis en place car finalement nous restons englués dans leur rythme et perdons beaucoup de temps.

La cascade est en bonnes conditions mais de très nombreuses cloches sont présentes, tout du long – oserais-je citer cela comme l’un des prétextes à notre lenteur ?

La météo du jour est idéale, puisque le ciel est voilé et le soleil ne viendra pas ajouter la complexité d’une glace qui prendrai trop la chaleur.

Des premières cordées ont déjà atteint le sommet de la partie cascade et entament la descente.

Nous finissons la partie cascade en parallèle d’une cordée dont le grimpeur de tête sourit sans interruption. Je le surveille du coin de l’œil, il a toujours le sourire en place. C’est perturbant, mais sympathique. Tant mieux si la cascade lui procure autant de bonheur !

Sans trop le dire, Florian et moi sentons bien que nous ne sommes pas assez rapides pour prétendre à la totale de la cascade. Mais devant nous se dresse la suite du parcours, et dans un élan irrésistible on se dit qu’on va aller voir un peu plus loin, juste pour voir.

Et comme on ne voit jamais très loin, dans cette cascade qui serpente, nous avançons de proche en proche, à toujours vouloir aller plus loin, juste pour voir. On passe à corde tendue dans des portions qui déroulent.

Et puis ça grimpe à nouveau un peu, alors on re-tire des longueurs. Ce n’est jamais très dur, mais nous ne sommes jamais très rapide pour autant.

Bon, à l’évidence, nous sommes maintenant partis pour faire la totale.

J’aime les quelques passages plus typés montagne et goulotte.

La première section de Caturgeas fait 250m de dénivelé, et la seconde partie pour l’intégrale ajoute 350m de sections grimpantes et des pentes de neige, le tout pour un total de 600m.

La nuit tombe vers 18h, et ce sera la fin des photos. Nous atteignons une section assez raide, et Florian part en tête, à la recherche du bon passage à la lumière de sa frontale. Je l’entends pester, il a un petit coup de mou car il a vraiment froid aux pieds et le moral a baissé.

Nous arrivons (très / trop) tardivement dans les pentes finales qui donnent accès au plateau. En les remontants, je constate que je suis cramé, comme rarement je l’ai été. Trop dur pour une reprise.

Mais les difficultés sont loin d’être finies puisqu’il nous faut maintenant faire une très longue boucle d’une dizaine de km sur le plateau pour rejoindre le Chazelet, puis les Fréaux et enfin la voiture. Sauf qu’il a beaucoup neigé et que l’on s’enfonce à chaque pas. Le petit ‘détail’ qui finit de m’achever, j’avance comme un zombi, à bout de force de surcroit.

Florian fait preuve de beaucoup de patience .. et nous atteignons le Chazelet tant bien que mal vers 1h20 (oui, du matin) et sommes finalement à la voiture vers 2h. Record battu ?

Carte

Le mot de la fin

Slow and light, c’est la stratégie de l’engagement maximum. Tu peux pas t’arrêter parce que t’as pas le matos pour bivouaquer, donc il faut que tu finisses; mais comme tu es lent et que tu le sais, tu es certain de finir de nuit avant même de partir.

Florian

Deux jours après notre ‘exploit’, nous découvrons par hasard l’exploit d’un autre. Dans une autre dimension. “A chacun son Everest” comme on dit …

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Autres sorties …