23 July 2021

La Meije: nous vînmes pour la traversée, et en fîmes le tour

La semaine prochaine, nous prévoyons de re-tenter la traversée de Charmoz-Grepon, si la météo le permet. Pour cela, il serait mieux que nous soyons acclimatés. Alors, nous nous fixons un (bel) objectif qui nous permettra d’évoluer en altitude:

Nous posons notre vendredi afin de disposer de trois jours et plus de flexibilité pour la météo, et sommes à l’attaque à la Grave le vendredi matin.

Montée au Promontoire

Nous avons choisi d’accéder au refuge du promontoire par l’accès classique:

Le téléphérique nous dépose au niveau intermédiaire. Le programme de la journée et l’objectif du week-end se dressent déjà devant nous : les Enfetchores, la brèche et la Meije.

Seuls quelques passages sont vraiment grimpants mais jamais suffisamment pour que nous sortions la corde.

Nous posons pied dans les pentes de neige qui nous mènent au glacier de la Meije.

L’accès à la brèche est simple, mais exposé tant la face est branlante. Chaque rocher n’attend que d’être légèrement touché pour partir dévaler la pente. Il vaut mieux attendre que personne ne soit en dessous pour progresser.

De la brèche nous empruntons les vires en rive droite. Le passage est très malcommode mais nous rejoignons tant bien que mal le rappel qui permet de poser pied sur les pentes de neige et directement atteindre le refuge.

Nous voilà au refuge du promontoire à 15h. Ce jour là, nous serons environ 7 cordées, presque toutes accompagnées de guides, avec comme unique objectif la traversée de la Meije.

Repérage

L’un des enjeux majeurs de la traversée de la Meije, c’est l’itinéraire, manifestement peu évident de nuit. Alors nous prévoyons de repérer la première section. Le départ se fait depuis les toilettes :)

Aujourd’hui il fait beau, si seulement le temps pouvait être le même demain .. Nous avançons une petite heure sur le début de l’arête.

Le passage rapide du niveau de la mer à plus de 3300m nous pèse, sans compter le petit dénivelé du matin. Alors nous décidons de faire demi tour et de plutôt aller nous reposer pour le lendemain.

Le soir au refuge, toutes les cordées écoutent religieusement les prévisions météorologiques annoncées par la gardienne. Elles s’accordent toutes à dire que nous aurons beaucoup de vent – entre 60 et 80km/h – sur les arêtes. Tout le monde hésite, mais tout le monde décide de se lever à 3h30, faisant mine de vouloir tenter néanmoins.

Notre parcours

Tentative de traversée

Au petit déjeuner de 3h30, tous les guides sortent et inspectent le ciel. Après conciliabule, ils décident qu’ils ne partiront pas, et tout le monde repart se coucher. Sauf nous, qui seront les seuls à aller tenter notre chance.

Là je me sens obligé de justifier ce qui pourrait sembler sinon de l’inconscience ;) Notre plan: compter sur le fait que les météos sont très aléatoires ces derniers temps, alors le vent pourrait s’avérer ne pas être aussi fort. Nous voulons monter au grand pic, et avant le point de non retour, décider alors en fonction de ce que nous vivrons là-haut.

Mais les choses ne se passeront pas ainsi. Assez rapidement, seuls sur notre arête, la grêle commence à tomber, bientôt accompagnée par un orage et la foudre qui s’abat sur les sommets de la Meije. Un fort vent, passe encore, mais là s’en est trop. Donc, demi-tour et retour rapide au refuge.

Après une grasse matinée forcée, nous étudions les nouvelles prévisions météo pour le lendemain, avec l’espoir d’un créneau. Tous nos espoirs abandonnés, nous décidons de traverser vers le refuge du Pavé, grâce à un ‘passage secret’ que nous partagera la gardienne.

Bascule sur le Pavé

Nous remontons des pentes de neige jusqu’à atteindre le pied de la vire secrète. De là, nous pouvons apercevoir toute l’arête du Promontoire, le glacier Carré et le Grand Pic.

La vire est très exposée car tout les rochers ne demandent qu’à être touchés pour partir dans la pente. Florian n’apprécie pas du tout, moi j’aime jouer au chat.

Nous atteignons le ‘col’ qui n’a même pas de nom sur la carte. Et à cet instant, nous réalisons que nous ne nous sommes pas renseignés sur la suite. Qui n’est pas si triviale en fait: comment rejoindre le refuge du pavé, là, tout en bas ? Entre lui et nous, de nombreuses barres rocheuses infranchissables.

Faisant notre légendaire sens de l’orientation, nous trouvons la solution : une ligne de rappels, qui permet de franchir le verrou du cirque.

J’ai de mauvais souvenir de mon précédent passage au Refuge du Pavé– trop étroit et d’une cuisine un peu moyenne. Nous décidons néanmoins d’y rester cette nuit, afin de sauver le week-end et faire une rapide course le lendemain.

Notre parcours

Pointe Emma

Aujourd’hui, nous devons enchainer une course d’alpinisme, le retour à la Grave, puis Lyon. On fait un rétro planning, et alors il nous semble évident que pour le tenir, il nous faudra une course vraiment rapide. Ce sera :

L’approche est rapide, tout droit au dessus du refuge.

Depuis le Pavé, j’avais déjà gravi le Pic Nord de Cavales, que l’on aperçoit depuis la Pointe Emma.

Nous avançons facilement, et rapidement sur les arêtes nous découvrons l’autre versant et le bel alignement.

Au retour, nous commençons à voir les autres cordées engagées sur l’intégrale.

Il a de la gueule, vu de là, le Pic Nord des Cavales.

Retour sur la Grave

Toutes nos affaires sur le dos, sans repasser par le refuge, nous entamons une – très – longue descente sur la Grave.

Entre Villar-d’Arêne et la Grave, nous empruntons un passage de GR très agréable et au bord de l’eau sur les débuts.

Nous sommes de retour au van, notre grande boucle bouclée vers 14h55.

Notre parcours

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