Notre bibliothèque comporte un livre que nous n’avions encore jamais utilisé : « Topo Savoie-Haute-Savoie – Randonnées insolites ». Jusque là nous trouvions les randonnées « trop faciles » ou moins intéressantes que toutes celles que nous avions repéré dans d’autres topos et qu’il nous restait à faire. Mais puisqu’il est désormais préférable que Sandrine fasse moins d’effort, nous en profitons pour ressortir ce livre et c’est donc en Savoie que nous irons ce week-end. Nous faisons la route vendredi après-midi et allons établir notre campement dans le village Le Châtelard, dans le parc naturel des Bauges. Pour situer, c’est au sud du lac d’Annecy.

Samedi : Tannes et glacières du Margeriaz, Golet de l’agneau et spéléo-rando

Nous démarrons le week-end par une randonnée en boucle:

  • Tannes et glacières du Margeriaz, Golet de l’agneau

Le parcours est très balisé et les éléments marquants à ne pas rater sont même numérotés et apparaissent sur la carte au début du parcours. Comme ce trou, joliment entouré des racines d’un arbre.

Le sympathique parcours en forêt mène jusqu’au plateau et nous cheminons ensuite sur le chemin des crêtes en versant sud.

Nous accédons au sommet en passant par un golet – ce qui signifie gorge ou défilé, j’ai appris cela – et nous en profitons pour aller explorer le versant ouest.

Nous prenons le chemin de la descente et au retour dans la forêt nous rencontrons quatre spéléologues qui viennent d’interrompre prématurément leur exploration. A leur pied, un gouffre et une plateforme pour descente en rappel. Il s’agit d’un réseau qui peut se visiter sans équipement sur la première section. C’est tout aménagé, et cela s’appelle de la « spéléo rando », autre grande découverte du week-end.

Évidemment, nous décidons d’y aller. Une entrée, sans descente en rappel initial, se trouve une centaine de mètres plus loin.

Tandis qu’il fait près de 30 degrés dehors, il fait environ 5 dans les cavernes. Alors nous enfilons toutes nos couches de vêtements et même les bonnets. Nous avons (presque) toujours cela en fond de sac en montagne, même en été. Mais Sandrine s’aperçoit qu’elle a oublié sa frontale .. Alors c’est l’iPhone à la main que Sandrine progresse; ce n’est pas toujours pratique dans les nombreux passages très étroits. Le ventre passe, mais il n’aurait pas fallu venir bien plus tard :)

Le parcours fait passer par de multiples zones où nous rampons et contorsionnons pour passer, et de vastes caves. Des panneaux tout du long font la pédagogie de ce que nous pouvons voir. Nous arrivons au bout et faisons demi-tour, la suite est réservée aux personnes équipées et expérimentées. A l’à pic du départ en rappel, un couple et une petite fille descendent accompagné par un spéléologue.

Nous sortons de la grotte et le contraste de température est saisissant. Nous reprenons notre route de retour qui nous fait passer devant un bel arbre étonnamment placé au dessus d’une autre ouverture de grotte.

Notre parcours

  • Distance (km): 10km
  • Dénivelé (m): +600 -600
  • Altitudes (m): mini 1260, maxi 1837
  • Horaires: départ 9h50, retour 16h20

Dimanche : Failles du crêt de Saint-Sylvestre

Pour ce dimanche, nous avons repéré une randonnée avec très peu de dénivelé, mais dont les photos dans le topo promettent une étonnante attraction géologique:

  • Failles du crêt de Saint-Sylvestre: 3h, +/- 380m de dénivelé

Nous trainons un peu ‘au lit’, levons le camp au camping assez tardivement et arrivons au départ de la randonnée à 11h30. Après une première rapide section de descente, nous arrivons au Voile de la mariée, une cascade qui ruisselle sur de la roche brune et verte.

La balade se poursuit et alterne sections en forêt, ce qui est très apprécié alors qu’il fait si chaud, et sur des petites routes. Nous arrivons aux failles et profitons de la fraicheur pour casser la croûte à l’entrée, et nous démarrons l’exploration ensuite. Et c’est une très belle surprise, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi atypique et surtout si vaste.

Nous explorons la première faille la plus accessible. Tout au fond, depuis une position en surplomb d’une dizaine de mètres, nous découvrons au bout qu’il existe une deuxième section encore plus imposante. Nous décidons de ne pas tenter la désescalade mais d’aller plutôt chercher s’il existe un autre moyen d’accès à pied. Tandis que j’explore une autre faille perpendiculaire à la première section principale, je franchis un passage en escalade au dessus d’un trou béant. Le passage est vraiment exposé, alors Sandrine ne me suit pas.

Je trouve facilement un chemin de sortie et l’emprunte, fait un grand tour et rejoins Sandrine.

Nous nous attaquons à la recherche d’un accès à la seconde grande faille, en évoluant dans les bois et visant la direction globale. Nous arrivons rapidement à l’aplomb de la faille recherchée, et je me lance dans une pente très raide et sablonneuse; il ne faut pas se rater parce qu’en dessous attend un beau trou. Je rejoins le fond de la faille, et constate que le jeu en valait la chandelle.

Plutôt que de tenter de remonter par la pente instable, je prends le parti d’explorer toute la faille afin de trouver une éventuelle voie alternative qui me permettrait de faire venir Sandrine sans danger. Et bingo, il existe bien une pente de sortie qui sera parfaitement praticable dans l’autre sens. Je rejoins la ‘surface’ et navigue au feeling – et à la montre GPS – pour aller rejoindre Sandrine qui m’attends toujours au sommet de la faille. Et grâce au chemin repéré, Sandrine peut elle aussi venir profiter de la vue exceptionnelle qu’offre cette seconde section. Sa hauteur est impressionnante.

Cela maintenant un moment que nous explorons dans la zone, et devons finalement mettre fin à nos explorations, nous rejoignons le parcours de la randonnée, pour clôturer la boucle qui nous ramène à la cascade du voile de la mariée.

Notre parcours

  • Distance (km): 8,5
  • Dénivelé (m): +455 -455
  • Altitudes (m): mini 480, maxi 670
  • Horaires: départ 11h28