19 June 2020

Grande Casse (3855m) par le couloir Messimy à la Pointe Mathews

L’ami Florian a toujours une foi inébranlable dans ma capacité à le suivre. Et pourtant, à part du ski de randonnée en février et quelques footings depuis, c’est le grand désert. J’accepte néanmoins de m’embarquer dans son projet de traversée de l’arête Forbes au Chardonnet. Mais, probablement heureusement pour moi, il a neigé 60cm sur Chamonix et personne n’a encore fait la trace. “N’y allez pas” nous recommande notre ami Yohann. Alors changement de plan, et direction la grande Casse dans la Vanoise.

Je prends le train jeudi soir, télétravaille sur Lyon vendredi et prenons la route vendredi soir.

Arrivée sur site

Tandis que nous arrivons sur Pralognan-la-Vanoise, nous assistons au spectacle assez sidérant d’un coucher de soleil qui semble dessiner une trainée de lave venant barrer horizontalement le sommet face à nous !

Nous trouvons un emplacement pour le van et ne mettons pas de réveil pour le lendemain, objectif grasse matinée.

La montée au bivouac

Après un petit déjeuner royal en pleine nature, nous préparons nos sacs avec toutes les affaires de bivouac ; nous prévoyons d’être en totale autonomie. Le prix à payer: des sacs vraiment lourds pour une reprise !

Nous prenons le départ, tranquillement, vers 11h10 et faisons un passage par un belvédère qui offre une belle vue sur les montagnes environnantes.

Je propose à Florian de passer par le nord, afin de découvrir le lac des vaches à la montée.

Les arêtes de l’Aiguille de la Vanoise se dessine maintenant à l’horizon. J’avais eu l’occasion de les parcourir avec Sandrine en 2012, j’en garde un beau souvenir.

Le lac des vaches est encore à moitié enneigé.

Le confinement est fini et cela se voit, nous croiserons de très nombreuses personnes, alpinistes ou simples promeneurs.

Nous atteignons le col de la Vanoise, et l’objectif se devine plus qu’il ne se dévoile. De nombreux nuages sont accrochés sur nos objectifs du lendemain: le sommet de la Grande Casse et la Pointe Mathews à sa droite.

Nous arrivons au refuge vers 14h35, et y faisons halte. Nous repérons notre emplacement de bivouac, nous devions possible d’aller nous poser sur un replat avant le glacier.

Nous trouvons un bon emplacement de bivouac vers 16h. Quand nous entamons le repas du soir, Florian se rend compte qu’il a oublié les cubes de bouillon, alors ce soir ce sera pâtes et riz … sans rien. Avec néanmoins un peu de chocolat pour dessert. Florian et moi n’avons manifestement pas les même préférences culinaires, il a sincèrement l’air d’apprécier ce repas frugal, qui permet de redécouvrir le vrai goût des choses.

Nos sacs sont à peu près à l’horizontale, il sont gros et chauds, il ne devrait pas pleuvoir, alors tout s’annonce parfait. Nous calons le réveil à 3h30.

Notre parcours

Chargement de la carte, merci de patienter...
  • Distance (km) : 8,5
  • Dénivelé (m) : +1000 -50
  • Altitudes (m) : mini 1540, maxi 2487
  • Horaires : départ 11h10, refuge 14h35, départ refuge 15h35, arrivée bivouac 16h10

L’ascension

L’objectif du jour, ce sera donc un enchaînement de toute beauté :

(CC by-sa) camptocamp.org

Au réveil, à 3h30 donc, j’ai l’impression d’avoir dormi moins d’une heure uniquement. Nous constatons que nous sommes en plein brouillard, comme face à un mur blanc et n’y voyons pas à 20m. D’un commun accord, assez simple à trouver, nous décalons le réveil.

C’est finalement à 5h que nous prenons le départ, après avoir fait un rapide rangement partiel de notre bivouac. Nous atteignons le bas des barres rocheuses tandis que le jour commence à se lever.

De nombreuses autres cordées chanceuses qui ont dormi en refuge sont à notre poursuite. De taches de lumières elles sont maintenant visibles dans de rares trouées dans les nappes de brouillard. Nos chemins se séparent, nous prenons la tangeante pour nous engager dans le couloir Messimy.

Nous sortons du couloir sans même nous rendre compte que nous y étions. Nous sommes manifestement plus affutés qu’escompté, l’AD nous a semblé n’être que du PD. Bon blague à part, le couloir, en cette saison et configuration ne présente que peu d’intérêt, il se résume à une plus forte pente comparé à la voie normale.

Nous rejoignons le sommet de la pointe Mathews, où nous avons la chance d’avoir quelques lueurs de soleil et presque voir le sommet de la Grande Casse de l’autre côté, là-bas au nord est.

La météo ne s’est pas trompé, le vent souffle (60 km/h ?) et nous avons dû enfiler gore-tex et mettre les gros gants ou moufles.

Nous descendons au col des Grands couloirs, et repartons à l’assaut de la dernière pente menant au sommet. Nous restons à l’écart des arêtes, très cornichées par endroits.

Nous avons la chance de trouver une vue dégagée côté nord. Nous attendrons un bon moment au sommet en espérant que la vue se dégage de l’autre côté, sans réussite. Les nuages sont bien accrochés sans l’intention de partir. Alors nous cédons et engageons la longue ( -2300m !) descente.

De passage au bivouac nous refaisons les sacs, puis après une halte par le refuge nous engageons le retour en faisant une boucle par le sud de l’Aiguille de la Vanoise.

Retour

Les marmottes ne sont pas farouches dans le secteur, les bouquetins non plus !

Tous les autres ont manifestement pris l’itinéraire par le nord ? En tout cas nous ne croiserons presque personne sur le chemin du retour. Il est certes moins ‘roulant’, mais à mes yeux il vaut la peine de passer par là, je le trouve magnifique.

Nous arrivons au van, assez soulagés de déposer nos énormes sacs et soulager nos épaules endolories !

Notre parcours

Chargement de la carte, merci de patienter...
  • Distance (km) : 13,6
  • Dénivelé (m) : +1360 -2330
  • Altitudes (m) : mini 1530 maxi 3855
  • Horaires : départ bivouac 5h05, pointe Matthew 8h17, Grande casse 9h17, retour bivouac 11h09, refuge 12h, retour 14h28

Merci Florian pour cette très sympathique sortie, pour avoir toujours eu foi en moi, et la découverte du vrai goût des aliments, natures. Promis, la prochaine fois je gère la nourriture ;)

Bon et il paraît que l’on va retenter Charmoz Grepon cet été ? Peut-être en ayant tenté l’arête Forbes avant ? Mais est-ce bien raisonnable tout cela sans aucun entrainement, notamment d’escalade ? Bon, ok, je te suis quand même !

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