11 juillet 2020

Voie Preuss à l’Aiguille Savoie et assistance à italiens culottés

Nous partons pour une seconde sortie estivale avec l’ami Florian en ce week-end prolongé du 14 juillet, mais comme nous nous y sommes pris au dernier moment, tous les refuges sont déjà plein. Alors on oublie notre envie de traversée de l’arête Forbes au Chardonnet et on se rabat sur une zone sauvage, le Val Ferret en Italie avec comme objectif l’arête Preuss, à l’Aiguille Savoie.

Montée au refuge de Dalmazzi (ou du Triolet)

Nous prenons la route de Chamonix samedi, et entamons tranquillement la montée vers le refuge. Côté italien, les refuges ne sont pas gardés et nous devrons aller dans la partie hivernale. Nos sacs sont donc lourds de toute la nourriture que nous emmenons, mais cette fois nous ne manquerons de rien – cf. ma précédente sortie, bien au contraire.

Notre objectif du week-end est rapidement visible depuis le Val Ferret; il s’agit de la pointe tout au fond, dans l’axe du glacier du Triolet.

La montée est donnée en 2h30, elle se fait majoritairement en pente douce.

Le refuge est perché sur le flanc de la montagne et s’atteint via une dernière section raide avec un système de marches en fer et cordes laissées à demeure.

Il paraît assez spacieux mais nous nous contenterons de la partie hivernale, abritant le coucher pour seize places et une table. Nous partagerons l’espace avec quatre italiens, venus faire la même course que nous.

Visite des lieux : le refuge, la plateforme pour hélicoptère, et les toilettes – fermées en cette période.

En fin d’après-midi, notre mission est de trouver de l’eau dans le secteur. Indice : suivre le tuyau puis partir sur la gauche dans les pentes, de l’eau coule au sommet de la petite falaise.

Florian part repérer le début de l’approche pour le lendemain car nous pressentons qu’il sera délicat d’accéder au glacier et surtout franchir le cours d’eau issu de la fonte du glacier.

Un couple de grimpeurs débarque vers 22h30 dans le refuge, Florian dort comme un loir et moi je peine à trouver le sommeil.

Notre parcours

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Aiguille Savoie : Arête SE (voie Preuss)

Le réveil de nos camarades italiens sonne à 3h30, avant le notre, alors nous nous levons aussi. Nous sommes donc six à viser le même objectif : Aiguille Savoie : Arête SE (voie Preuss) (AD+ 4c>4c III). Nous espérons rester devant pour ne pas être gênés et prenons le départ vers 4h15.

Grâce au repérage de la veille nous accédons rapidement au premier passage délicat: le franchissement du cours d’eau de fonte. Florian s’élance dans un geste gracieux mais glisse sur la pierre lisse et mouillée, et s’étale de tout son long dans l’eau. Heureusement que ce n’est pas très profond mais il en ressort bien trempé, y compris des affaires dans son sac à dos. Parfait pour mettre dans l’ambiance et démarrer une bonne journée d’alpinisme. A sa suite, j’hésite, adopte une autre approche moins aventureuse et reste au sec.

Nous poursuivons la montée en alternant neige, passage dans les rochers et zigzags entre les crevasses du glacier. Les italiens ont trouvé une autre façon de passer l’étendue d’eau via un grand contournement, c’était probablement mieux comme cela. Ce qui est moins bien c’est qu’ils remontent tout le glacier sans l’encordement de rigueur.

Nous accédons à l’arête proprement dite à 6h30 via une petite pente donnant accès à une selle neigeuse. Nos camarades ont sorti les cordes.

Et ensuite, côté itinéraire, c’est facile, c’est tout droit. Ou presque. Parfois, nous devons contourner les difficultés. Toujours par la droite dixit un topo, toujours par la gauche dixit un autre. Alors on improvise comme nous savons si bien le faire, tantôt à droite tantôt à gauche.

Ca déroule, on avance bien. En fait seulement trois passages sont légèrement plus retors, dont un passage en cheminée dans lequel Florian comme moi venons encastrer nos sacs à dos. Mais après quelques jurons et techniques non orthodoxes, ça passe.

Nous avons maintenant bien distancé les italiens qui ont eu l’air de buter sur le premier passage de grimpe. D’ailleurs, au bout d’un moment nous ne voyons plus qu’une seule cordée ?

J’ai laissé à Florian le plaisir d’être en tête toute la montée, mais pour la forme je repasse devant sur la fin, histoire de dire qu’on a fait du réversible :)

Nous accédons au sommet de l’Aiguille Savoie (3603m), frontière entre la France et l’Italie, à 11h55. Le glacier de Talèfre se dévoile d’un seul coup, et permet d’apercevoir quelques belles courses réalisées ces dernières années: l’Aiguille du Moine, La Nonne, La Verte .. Non loin sur notre droite, la Pointe Isabelle tentée l’an dernier.

La météo est parfaite, la vue est superbe, et nous avons été plus rapide que le temps donnés dans le topo (7h30-9h30) pour arriver ici, alors nous prenons notre temps, pour une fois.

La vue de l’Aiguille Savoie est particulièrement belle car elle donne accès à deux beaux cirques glacières côté français et italien, et permet d’apercevoir des sommets de renoms.

La vue est parfaitement dégagée sur tout notre chemin de montée depuis le val Ferret.

La pause est finie, nous attaquons la descente. J’installe les rappels dans la face est et nous sommes prêt à partir lorsque nous entendons une cordée italienne qui nous interpelle au loin. Ils nous expliquent que l’une des cordées a rebroussé chemin, les deux restants ont décidé de poursuivre. Seulement voilà, ils n’ont qu’un unique brin de corde, ce qui ne sera pas suffisant pour leur permettre de descendre en rappel. En gros ils ont parié sur le fait de pouvoir nous rattraper et comptaient sur le fait de descendre avec nous. Sinon, l’alternative nettement plus hasardeuse, rocambolesque et .. longue est de de descendre par l’arête nord.

Donc en gros, ils ne nous laissent pas vraiment le choix, la situation relève presque de l’assistance à personnes en danger. J’aurais préféré éviter car du coup nous devons les attendre et surtout descendre à quatre sur le rappel, et comme ils ne sont manifestement pas très expérimentés … ils sont lents.

Arrivés au sol, ils renouvellent leurs remerciement. Nous allons poursuivre notre route en faisant une belle boucle par le nord, ils choisissent de revenir sur leur pas. Nous leur rappelons d’éviter de franchir le cour d’eau, qui a nettement gonflé à cette heure de la journée.

Nous ne regrettons pas notre boucle, la plus belle vue du cirque est probablement de ce point de vue.

Au loin, nous repérons nos italiens qui sont devant le cours d’eau de fonte et hésitent à le franchir. Heureusement, la raison leur revient et ils finissent par suivre nos conseils, rebroussent chemin et contournent. Et voilà deux italiens d’épargnés, ils auront eu chaud ceux là.

Nous dormons une seconde nuit au refuge, nous serons seuls.

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Retour en vallée

Le temps est nettement plus mauvais aujourd’hui, mais ca va encore, et c’est finalement notre niveau de motivation qui aura raison d’une éventuelle autre journée de grimpe. Nous votons à l’unanimité pour un retour tranquille en vallée, suivi d’une rapide session shopping en ville avant mon retour sur Paris.

Encore une excellente sortie avec l’ami Florian. Le moral gonflé à bloc, nous n’avons plus qu’à patienter deux semaines avant de nous attaquer au vrai gros morceau, la revanche sur Charmoz-Grepon. Ambitieux quand on sait que j’ai grimpé moins de cinq fois depuis le début de l’année ..

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