Cette sortie s’inscrit dans le cadre d’un séjour organisé avec le Club Alpin Français, qui avait comme objectif de réaliser des randonnée du vertige et initier les participants à des techniques d’alpinisme :
- Rappel et crêtes au Fond d’Urle
- La vire du Grand Veymont
- La vire des Sultanes et du Grand couloir au Gerbier
- Crêtes des Rochers du Bournillon et Moulin Marquis au sec
- Le Parcours Honegger aux Trois Pucelles
Pour cette quatrième journée de sortie, nous mettons notre dévolu sur le grand rappel de Moulin Marquis suivant le topo de Pascal Bombardier, mais comme je ne souhaite pas faire le trajet pour cela uniquement, nous allons également coupler la descente avec un autre topo du même auteur, trouvé dans le Pas de l’Echarasson – Charmate.
L’idée est de monter par le Pas de la Charmate, de faire le grand tour sur le plateau et aller voir toutes les “curiosités” du coin, et finir par le grand rappel.
Pendant notre trajet en voiture, un arrêt s’impose, il offre une vue complète sur le cirque et la cascade qui marque le rappel que nous ferons sur la fin de notre parcours.

Nous montons à travers la forêt jusqu’à arriver au pied d’une impressionnante paroi.

Et remontons par le Pas de l’Echarasson, sans même nous en apercevoir ou presque, tant nous sommes aveuglés par la végétation.

Arrivé sur la plateau, et durant notre trajet de nombreux points de vue s’offrent à nous, et nous pouvons voir ici les rochers de Presles, célèbres pour les grimpeurs.

Depuis la crêt nous pouvons parfaitement voir l’itinéraire qui permet de monter au Pas, la bande de végétation au centre gauche sur cette photo.

Un arbuste attire mon attention et la photo.

Ou celui là encore.

Au passage, nous découvrons deux lignes de Slack line qui sont tendues au dessus du vide, sur une belle distance. Nous échangeons avec le groupe de trois jeunes qui ont tendu les lignes, mais sans les voir à l’oeuvre à ce moment là, manque de temps.

J’ai failli rater l’une des sculptures que je cherchai, Octave me fait remarquer qu’elle est juste là, à un mètre de moi.

A l’approche de la porte du Diable, une curiosité locale, nous tombons sur cette hutte en bois et nous demandons s’il y a un rapport et ce que nous allons y trouver.

La visite de la porte vaut le détour, et au delà de la porte, c’est son environnement qui m’impressionne, lorsque l’on arrive par le dessus. Mes photos ne lui rendent pas honneur – je suis à l’ultra grand angle – équivalant 16mm, mais il faudrait bien plus, ou surtout un autre point de vue pour bien rendre compte du lieu.

Nous avons suffisamment progressé sur les crêtes pour que la cascade se dévoile désormais, en voici le sommet.

Et plus largement, son écrin.

Une autre culture, sur les crêtes toujours.

Nous sommes descendu en direction du départ de la cascade mais avant elle il nous reste à voir quelques curiosité, comme cette sculpture en bois, entre paroi et lianes.

Je n’avais jamais vu pareilles lianes, qui ont construit un dense réseau qui remonte très haut sur les parois.

Nous passons à côté d’une cavité, je convainc Octave de monter, et après une petite escalade nous découvrons le début de cavités. Nous nous aventurons dans les galeries, jusqu’à ce que nous soyons face à un boyau plus étroit et surtout trop immergé pour que nous ayons envie de poursuivre, alors nous faisons demi tour. A la sortie, nous découvrons sur un panneau qu’il s’agissait de la la la grotte de l’Homme, et qu’en fait les galeries sont extrêmement longues, et ressortent ailleurs dans les parois.

Nous voilà arrivés au somme de la cascade et il est presque 18h déjà. Je vais au relai, fais venir Octave à moi et pars en premier pour la première longueur, qui fait environ 20m.

Arrivé au second relai, je laisse Octave s’installer pour venir à moi. Et ne souhaite pas lui mettre la pression, je le laisse faire tandis que le temps s’écoule ..assez longtemps. Alors je lui demande ce qu’il se passe, il m’indique que son mousqueton est verrouillé et qu’il n’arrive toujours pas à l’ouvrir. Je lui dis ok pas grave, prends en un autre. Mais en fait son descendeur est dessus .. Il me demande s’il peut descendre sans ce mousqueton et le descendeur .. non ça ne va pas être possible. Il doit débloquer le mousqueton.
Le temps passe, sans succès. Alors pendant ce temps, et heureusement c’est possible, je peux remonter par le côté sans trop de risque et le rejoint. Il s’acharne mais sans succès, il a la main en sang mais impossible d’ouvrir le mousqueton. Je n’avais jamais vu cela.
J’ai sur moi ma pince clef, miniature Knippex – je recommande, lorsque l’on sait que l’on va peut-être devoir jouer avec des écrous et boulons de diverses tailles. Je l’utilise pour décoincer et ouvrir le mousqueton, et on repart.

Le deuxième rappel se passe sans encombre. De manière surprenante, la vue vers le bas montre beaucoup de végétation, on ne penserait pas cela lorsque l’on voit la paroi et le rappel de face.

Le troisième rappel, annoncé pour 50 mètres, se passe bien … jusqu’à ce que je veuille rappeler la corde et découvre qu’elle est coincée. Je fais mon possible et n’arrive pas à la défaire – mais après coup je me dirais que je n’ai probablement pas assez essayé.
Démarre alors une grande galère, car la théorie je la connais mais la mise en pratique sur 50 mètres de remontées sur corde, ça je n’ai jamais fait. C’est donc avec mon assureur au pontet, un machard au dessus de moi avec une pédale, que j’ai le plaisir de le vivre en conditions réelles. Et je peux vous l’affirmer : c’est exténuant. Peut-être est-ce l’heure tardive, ma technique, mon état de forrme, ou la somme de tout cela, mais je me rends rapidement compte combien ça va être long. Alors je progresse, pas à pas. Quand une traction ne donne pas lieu à aucune progression parce que les auto-bloquants .. sont bloqués. Bref, c’est très long et à 19h40 j’arrive en vue du sommet du rappel et surtout du satané noeud qui s’est bloqué, je vous laisse juger.

Je prends évidemment soin de faire en sorte que cette fois ci le coincement ne soit pas possible et rejoins rapidement Octave qui m’a patiemment attendu un bon moment, mais à un endroit très confortable sur une terrasse.
Nous poursuivons la descente, qui se passe globalement très bien à l’exception de deux petites surprises, notamment quand Octave m’explique qu’il a perdu son noeud de machard – que nous retrouvons finalement, ou que je cherche l’un des rappels, et ne trouve initialement que deux spits reliés avec une très vieille cordelette en mauvais étant. Bon, mes excuses mais j’aurais du la prendre et l’enlever, je ne sais pourquoi je l’ai laissée sur place, certes cisaillée.
Il est maintenant 20h30, la paroi commence à prendre de jolies couleurs avec le soleil qui descend à l’horizon.

Tant et si bien que nous assistons, depuis la paroi, au coucher de soleil. Pas sur que beaucoup l’aient fait avant nous. On a évidemment sorti les frontales – toujours avoir une petite frontale sur soi, hein ?

En pleine nuit, vers 21h30 quand même – ce que ne laisse pas deviner la photo – et vers la fin des rappels, je me retrouve nez à nez avec un local qui se demande ce que je peux bien faire là vu l’heure. Bonne question. On se fixe un moment, je le laisse avec son interrogation.

On rentre sans difficulté à la voiture pour une sortie qui a certes dérapé, mais sans jamais de mise en danger, et de belles images et beaux souvenirs plein la tête.
On rejoint le camping assez tard, on se lave et fait à manger et on éteint la lumière à plus de 1h du matin. Ce qui est sûr c’est que le programme de demain va devoir être adapté ..
Notre parcours
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