L’Aiguille Verte par le Whymper ou le jour où je devins montagnard

L’Aiguille Verte par le Whymper ou le jour où je devins montagnard

Nous avions prévu de longue date de nous attaquer à la traversée Charmoz-Grepon avec Florian S. Il s’est maintenant remis de sa blessure à l’épaule, mais il a neigé et les arêtes ne sont plus en conditions alors il nous faut trouver un nouvel objectif. Au top de notre forme et motivation nous souhaitons une ambitieuse course classique. Alors sur conseil de guides, nous nous rabattons sur le couloir Whymper à l’Aiguille Verte qui est en bonnes conditions.

Nous scrutons la météo et les bulletins montagne dans la semaine qui précède et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont peu engageants. Le samedi sera ensoleillé et les jours suivants neigeux/pluvieux et même orageux. Mais notre motivation ne saurait être affaiblie par pareil détail. Nous lisons attentivement le site chamonix-meteo.com et semblons y lire la fenêtre qu’il nous faut : une nuit étoilée dimanche matin – permettant éventuellement le regel nécessaire – et le démarrage de la pluie/neige en matinée.

Alors nous chargeons les sacs et prenons la route vendredi après-midi et faisons halte à l’hôtel Rocky Pop aux Houches.

La montée au refuge

Samedi sera dédié à la montée au refuge et à la sieste préparatrice. Le trajet a un air de déjà vu, seulement deux semaines après notre dernière venue. Nous croisons le groupe du CIALP du CAF qui est en train de s’amuser dans les pentes de la mer de glace.

Sitôt le diner fini, nous filons au lit avec l’espoir de quelques heures de sommeil, avant notre réveil fixé à minuit pile.

L’Aiguille Verte

Le plan

Nous allons tenter de réaliser l’ascension de l’Aiguille Verte par le couloir Whymper, c’est l’itinéraire (2) sur cette photo :

(c) camptocamp

Le topo camptocamp indique 2-3 heures pour l’approche jusqu’à la rimaye et 2 à 4h + 30 min d’arête pour le sommet.

La météo prévue est très mauvaise ce dimanche, mais nous espérons un regel nocturne et nous comptons sur le fait que les dégradations ne nous tomberons dessus qu’à la descente. Dans tous les cas nous nous fixons comme limite d’entamer la descente avant 9h au plus tard.

Dimanche

Nous ne sommes que deux à attaquer la Verte ce jour là et donc à nous lever à minuit. Nous prenons le départ à 0h40 et c’est avec joie que nous constatons que le ciel est clair et étoilé, il a donc sûrement fait suffisamment froid cette nuit pour permettre le regel.

Nous profitons de traces pour cheminer sur le glacier de Talèfre jusqu’au pied du couloir Whymper, le tout sans chausser les raquettes puisque la neige porte bien.

Nous atteignons l’impressionnante rimaye à 2h40. Le bord supérieur se dévoile plusieurs mètres au dessus de nous dans le faisceau de nos frontales. Elle ne se franchit pas à droite comme de coutume, nous la longeons vers la gauche à la recherche du meilleur point de faiblesse.

Nous la franchissons assez facilement par la gauche, après avoir déposés nos bâtons et raquettes à son pied.

Nous remontons la pente de neige qui la surplombe et butons assez rapidement sur les barres rocheuses. Il nous faut maintenant trouver l’attaque du couloir. Nous traversons vers la droite, et pensons avoir identifié l’attaque mais il s’avère que c’est un cul de sac. Alors nous désescaladons et repartons dans notre traversée vers la droite jusqu’à identifier l’amorce d’un couloir. Il est alors 4h25, nous avons perdu beaucoup de temps à trouver le départ.

Nous sommes maintenant lancés à corde tendue, à bon rythme. La lumière se lève progressivement et me permet quelques premières photos. Vers 5h30 le temps s’est déjà bien dégradé.

C’est à six heures que j’aurais la meilleure lumière et encore suffisamment de visibilité par intermitance. Ensuite cela se dégrade beaucoup et nous serons quasi constamment dans le brouillard.

Nous évoluons à quasi 4000m après presque déjà 1400 mètres de dénivelé dans les jambes. Les mollets chauffent car nous sommes beaucoup sur les pointes avant de nos crampons. L’arrivée au col s’éternise tandis que le brouillard nous joue des tours, par quatre fois nous pensons reconnaître la fin du couloir. Nous atteignons finalement le col à 7h45.

Cela fait maintenant un moment qu’il neige à gros flocon et nous empruntons l’arête, qui est assez large, en nous méfiant des corniches et de la neige fraîche. Nous arrivons sur un replat qui semble entouré de pentes, nous vérifions notre GPS. Nous avons atteint le sommet à 8h05 ! Mais pour la vue on repassera …

Nous revenons au col d’où débute le premier rappel. L’ambiance est intimidante, tandis que les forts vents nous projettent sans cesse de la neige dans les yeux et que gèlent nos sourcils. Les gants sont maintenant trempés. Nous enfilons rapidement de petites doudounes.

Nous partons pour une série d’environ 17 rappels – on en a perdu le compte ! Je serai en tête tandis que Florian se fatiguera les bras en rappelant les cordes.

Il y a de nombreux rappels installés dans la voie, le tout étant de réussir à les trouver. Par deux fois j’ai besoin de les dépasser pour les voir depuis le bas et alors je dois remonter pour les rejoindre.

Tout le monde n’utilise manifestement pas des cordes de 60m, nous posons nos propre relais pour deux rappels. De nombreuses coulées de neige s’écoulent dans la face, purgeant au fur et à mesure la neige qui s’est déposée en quantité. J’esquive une grosse coulée avec un gracieux saut de côté.

En arrivant vers la rimaye, nous comprenons que nous n’avions pas pris le bon couloir au départ, et avions en fait démarré dans une ligne parallèle plus fine à gauche du Whymper.

Le passage de la rimaye demande un peu de réflexion, la ligne de rappel nous amenant directement dans le gouffre. Je passe en me décalant et en visant une partie bouchée, le plus dur étant de ne pas partir dans un gros pendule. J’aide Florian à rester dans le bon axe. A 12h20 la rimaye est franchie.

Nous longeons la rimaye a la recherche des affaires que nous avons laissé, mais sans reconnaître le lieu. Et pour cause, de grosses quantité de neige sont venues se déposer au pied de la rimaye et on bien changé la topologie. Nous retrouvons bâtons et raquettes presque ensevelis sous un cône de neige fraichement écoulée. Nous entamons le retour par le glacier crampons puis raquettes au pieds.

En arrivant proche du refuge, nous sommes interceptés par Jean P. et deux participants du CIALP, venus pour s’assurer visuellement que nous n’étions pas coincés dans le mauvais temps. Nous sommes de retour au refuge à 14h20, heureux mais trempés. Florian s’est probablement fait de légères engelures aux doigts.

Notre parcours

190609 : Aiguille Verte : couloir Whymper

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190609 : Aiguille Verte : couloir Whymper 45.934641, 6.969967 Aiguille Verte : couloir Whymper
  • Distance (km) : 8
  • Dénivelé (m) : +1450 -1450
  • Altitudes (m) : mini 2687, maxi 4122
  • Horaires : départ 0h40, retour refuge 14h20

Lundi

La météo étant toujours pourrie, la journée ne sera consacrée qu’au retour au Montenvers pour rejoindre Chamonix. Après une grasse matinée et un lever à 7h30, nous entamons la descente.

Sur le parcours nous rejoignons et doublons le groupe du CIALP et notre parcours nous amène sur de belles sections du glacier.

Malgré le mauvais temps, de nombreuses cordées s’aventurent sur le glacier.

Méfiez vous des plaques de neige sur glacier. Celle-ci surplombe de manière très étonnante un beau gouffre.

Le mot de la fin, par G. Rébuffat

« Avant la Verte on est alpiniste, à la Verte on devient montagnard… »

Gaston Rébuffat

Ni Florian ni moi n’étions jamais allé à la Verte, voilà c’est maintenant fait… :)

Objectif la Pointe Isabelle

Objectif la Pointe Isabelle

Mon compagnon Florien se remet d’une blessure, et cette première sortie de reprise sera l’occasion de tester son épaule avant le gros projet que nous avons ensemble dans quinze jours. Alors pour reprendre doucement, nous choisissons une longue course d’alpinisme à dominante neige, sans escalade:

La météo n’est certes pas engageante, et nous sommes quasi assurés de prendre la pluie samedi. En consultant plusieurs sites de prévisions météo nous en trouvons un complaisant qui est relativement positif pour la journée du dimanche. Alors c’est le moral gonflé à bloc que nous décidons de tenter notre chance. Il faut dire que Florian n’est pas sorti depuis près d’un mois alors il serait surement parti faire n’importe quoi !

Nous prenons la route de Paris vendredi dans l’après-midi et dormons sur Chamonix. D’ailleurs nous vous recommandons l’hôtel RockyPop aux Houches, en basse saison c’est une cinquantaine d’euros la chambre pour deux.

Samedi, la montée au refuge

Le samedi est consacré à la montée au refuge du Couvercle. Comme nous anticipions de ne pas pouvoir skier sur la mer de glace, nous avons opté pour les raquettes afin de ne pas risquer que Florian doive porter des skis.

Et la vue depuis le Montenvers nous permet vite de constater que nous avons bien fait.

Nous prenons une première volée d’échelles pour atteindre la mer de glace, et remontons le glacier jusqu’à atteindre les échelles menant au refuge du Couvercle. Au passage nous prenons un peu la pluie mais finalement nous serons très épargnés.

Nous brassons un peu dans les pentes sous le refuge, et le peu de traces nous laisse penser que nous ne serons pas nombreux. Il s’avère que, gardien compris, nous serons 9 ce soir là. Deux cordées prévoient demain d’attaquer la Verte par le couloir Whymper, tandis qu’une autre cordée à ski et nous même iront à la Pointe Isabelle. Jusqu’au coucher, et durant la nuit, une dizaine de centimètres de neige se déposent.

Pointe Isabelle

Nous prenons le petit déjeuner à 5h, manquons de vivacité et prenons le départ à 6h. L’autre cordée a pris de l’avance et file bien plus vite que nous. Tant mieux, nous restons dans leurs traces et même s’ils sont à skis, c’est mieux que rien.

Au passage, les Grandes Jorasses se dévoilent dans l’axe du glacier de Leschaux.

Notre objectif est déjà visible au lointain, la pointe au centre droit de cette photo.

La journée s’annonce magnifique, le temps est celui que nous espérions. Et dans l’axe du glacier du Tacul, on devine la Tour Ronde où j’étais il y a un mois, puis la Pointe Adolphe Rey où nous avions bivouaqué, le Mont Blanc bien sûr, le Tacul, l’Aiguille du Midi .. Beau panorama.

Nous cheminons encordés sur le glacier, et serpentons pour éviter les crevasses. Les skieurs qui nous précédent sont manifestement très confiants, ou s’appuient sur d’étranges coutumes suédoises puisqu’ils restent proches l’un de l’autre et ne sortirons à aucun moment la corde qu’ils ont pourtant.

Nous sommes sur le glacier des courtes, et en face de nous le plateau du Triolet est maintenant bien visible. Cette année et en cette époque, nous ne sommes pas confrontés à la traditionnelle crevasse parfois bien dure voire impossible à franchir.

Une fois atteint le replat à 3400m, l’itinéraire doit nous faire prendre pied sur l’arête qu’il faut ensuite suivre jusqu’au sommet.

(c) camptocamp

Mais en approchant du fameux replat, nous croisons les skieurs qui ont fait demi tour. Ils nous expliquent qu’ils ont déclenché une avalanche de plaque depuis le bas et ont préféré rebrousser chemin.

Nous accédons au replat, et considérons la situation. Le seul point de passage viable est effectivement très exposé puisque le reste de la pente ne demande probablement qu’à partir. Et nous avons aussi repéré la suite de l’arête, très raide, et le vent en altitude qui est propice à la formation de plaques. Nous choisissons de ne pas tenter notre chance et faisons également demi tour. Pour nous consoler nous nous disons qu' »Un bon alpiniste est un alpiniste vivant » ou encore que « le plus dur est de savoir faire demi tour ». Bon ok mais faire tous ces efforts pour aller jusque là en raquettes, et ne pas accéder à la partie la plus sympa, c’est quand même bien frustrant :)

Les skieurs ne sont plus visibles depuis maintenant longtemps, et c’est à une allure bien plus modérée que nous faisons tout le trajet inverse en raquettes.

Nous ne repassons pas au refuge, mais devons néanmoins remonter pour accéder aux échelles qui nous déposent alors sur la mer de glace. Aujourd’hui et tout autant qu’hier, d’incessantes chutes de pierres dans les pentes de l’Aiguille du Tacul créent une impressionnante ambiance sonore.

Le trajet de retour nous parait bien plus long qu’à l’aller, probablement parce que notre objectif est maintenant derrière nous.

Florian, soit disant handicapé, remonte les échelles comme une flèche et je m’épuise à essayer de suivre le rythme. Nous atteignons la gare Montenvers à 14h24, soit après 8h25 de course.

Notre parcours

replat du Glacier des Courtes (3320m)

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replat du Glacier des Courtes (3320m) 45.916575, 7.013054 replat du Glacier des Courtes (3400m)26/05/2019 : Objectif la Pointe Isabelle
  • Distance (km) : 20
  • Dénivelé (m) : +1100 -1750
  • Altitudes (m) : mini 1685, maxi 3317
  • Horaires : départ 6h, arrivée 14h24

La sortie racontée par Florian

Weekend dans le massif du Mont Blanc avec Philippe. Ça y est, enfin de retour en montagne après quelques longues semaines de convalescence – bon, tout n’est pas parfait et je n’ai pas encore récupéré mon épaule totalement, mais il faut bien reprendre à un moment ou à un autre. Et comme l’ami Philippe est toujours en préparation de son expédition au Pérou, il n’est guère besoin d’insister pour le motiver et nous filons donc vers Chamonix « sur la base d’un bulletin météo complaisant » (dixit Philippe). Samedi matin, nous rejoignons le Montenvers, d’où nous montons au refuge du Couvercle sous un temps maussade. La météo se dégrade au fur et à mesure de la journée, et c’est avec brouillard et gros flocons que la journée se termine. Réveil à 4:50 le dimanche matin pour une longue journée et un itinéraire « pas trop technique, mais physique et aventureux » (toujours dixit Philippe) : la Pointe Isabelle (3761m) par le Glacier des Courtes. La progression un peu pénible du fait de la neige fraîche tombée la veille, mais la motivation est bien là – enfin, jusqu’à ce que nous atteignons le replat vers 3450m et que les deux skieurs suédois qui nous précèdent décrochent une petite plaque à vent dans la section raide. Et vu le volume mobilisable restant et l’absence d’itinéraire alternatif moins exposé, nous décidons sagement de renoncer… La descente jusqu’au Montenvers est longue, mais finalement assez plaisante grâce à une météo bien meilleure que prévue, voire quasi-estivale. Le temps d’avaler nos burgers à la microbrasserie de Chamonix, et nous voici de retour vers Paris. Au final, pas d’exploit, mais une reprise en douceur.

Traversée de la Tour Ronde et bivouac puis ski

Traversée de la Tour Ronde et bivouac puis ski

Frédéric et moi partons au Pérou mi juin et d’ici là nous comptons bien préparer le matériel et les bonhommes. Un précédent week-end, nous avions comparé des matériels respectifs pour voir ce que nous allions emmener, et ce week-end c’est la mise en situation.

A la base le plan est de monter le bivouac quelque part sur le glacier du Géant, et d’enchainer des courses dans le secteur. Mais la météo vient compliquer l’équation puisqu’un fort vent de foehn est prévu en altitude pour les jours à venir.

Nous nous renseignons sur le cahier des courses de la Chamoniarde et constatons que les goulottes ne sont malheureusement globalement toujours pas en conditions. Par contre, une course réalisée récemment attire notre attention : la Mallory Porter à l’Aiguille du Midi. Mais à bien y réfléchir, il nous semble très compliqué logistiquement de la réaliser le premier jour, puisque nous devons aussi monter tout le matériel de bivouac et sommes contraints par les horaires de début et fin de benne. Alors nous décidons ceci:

  • J1: montée et dépôt des affaires de bivouac, puis Tour Ronde
  • J2: descente de la mer de glace
  • J3: Aiguille du Midi : Mallory Porter

Samedi : la traversée de la Tour Ronde

J’ai pesé le sac avant de partir, il est d’un peu plus de 25kg. Alors heureusement, nous ne ferons que descendre ! Depuis l’Aiguille du midi, nous nous engageons sur le glacier du géant, et poussons jusqu’au pied de la Pointe Adolphe Rey. En gros, au pied du deuxième rocher le plus à gauche sur la photo ci-dessous:

Nous y laissons toutes les affaires non nécessaires pour la suite, et toujours les skis aux pieds, nous démarrons la montée en direction de la Tour Ronde, en zigzagant au mieux au milieu du glacier.

Devant nous, la majestueuse Tour Ronde se dévoile rapidement. Sa face nord – à gauche sur la photo – n’est clairement pas en conditions, il faudra revenir. Et sur sa face ouest – 1er tier à droite sur la photo – la pente de neige qui marque le début du couloir sera notre objectif:

C’est une très belles journées, et de nombreuses autres cordées s’engagent sur notre objectif ou d’autres itinéraires.

Nous déposons les skis au pied du cône de neige, et Frédéric met ses chaussures d’alpinisme, je reste avec mes chaussures de ski de randonnée. Nous démarrons les hostilités, d’autres cordées sont déjà devant nous.

Nous les doublons à la montée, et apparemment ils abandonnent là et font demi tour (?). D’autres cordées nous précédent mais sont loin et nous ne nous gênons pas.

Le plus beau est clairement derrière nous, alors régulièrement je me retourne, profite, et fais quelques photos.

Quelques pas d’escalade très simples sur la fin donnent accès au sommet.

Nous y sommes seuls, et y passons un peu de temps puisque les nuages ont décidés de s’installer et tour à tour nous cachent et dévoilent certains des sommets les plus connus des Alpes. Tiens par exemple, voici le Mont Blanc.

Nous nous résignons à partir, et d’un commun accord nous lançons dans un projet osé: descendre par la voie normale, orientée est, et donc à l’opposée de notre itinéraire de montée. Sachant, qu’il est maintenant plus de 13h, que la neige fond et ne porte plus et que nos skis seront à récupérer à l’opposé de la Tour Ronde !

La voie normale est moins photogénique mais finalement plus plaisante que la monotone Gervasutti, puisqu’elle fait évoluer en neige et impose quelques pas d’escalade facile et nous impose une petite recherche d’itinéraire. Nous atteignons le pied de la Tour Ronde et engageons le grand contournement. L’enjeu est de réussir à contourner efficacement, et de manière sécurisée évidemment, le patchwork du glacier qui se positionne entre nous et nos skis.

Nous rejoignons et chaussons les skis vers XXh, finalement la neige n’aura pas autant enfonçé que nous le craignions. Nous skions jusqu’au site de bivouac où nous avons laissé nos affaires.

Nous sondons la neige afin de nous assurer que nous ne sommes pas au dessus d’une crevasse et installons le camp et la tente, au pied de cette impressionnante face, et non loin mais à l’abri du glacier et de ses seracs.

Notre parcours

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Tour Ronde 45.844201, 6.907836 Sorties associées:190420 : Tour Ronde, bivouac et ski
  • Distance (km) : 10,1
  • Dénivelé (m) : +715 -1450
  • Altitudes (m) : mini 3047, maxi 3796
  • Horaires : début 8h56, arrivée 16h42

Dimanche

La nuit n’a pas été trop mauvaise. Le matériel a été éprouvé en conditions, et validé par Frédéric :) Après un réveil tardif, nous prenons le petit déjeuner puis plions bagages.

Les hordes se sont déjà attaquées à la vallée blanche.

Nous remontons au Montenvers en empruntant le système d’échelles.

Notre parcours

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190421-Descente de la vallée blanche depuis la Pointe Adolphe Rey 45.855291, 6.906538 Sorties associées:190420 : Tour Ronde, bivouac et ski
  • Distance (km) : 13
  • Dénivelé (m) : +180 -1435
  • Altitudes (m) : mini 1775 maxi 3215
  • Horaires : départ 10h10 arrivée 12h29

Lundi

Le grand jour. Les sacs sont fin prêts et optimisés. Les protagonistes sont affûté par une nuit en altitude et le mental est au top. Nous sommes les premiers à la benne de l’Aiguille du Midi. Je bip mon passe.

Et c’est le drame. L’employé de la gare sort un panonceau qu’il plaque sur la porte: le téléphérique est fermé. Trop de vent. Le fameux foehn qui était annoncé.

Nous aurions pu attendre les bennes suivantes ? Oui mais au risque de monter et ne pas pouvoir descendre ensuite, n’ayant pas de skis. Bref, le projet tombe à l’eau.

Alors comme nous avions déjà payé un passe illimité pour 3 jours, nous séchons nos larmes et partons skier sur le domaine de Chamonix. L’occasion de faire quelques sauts et voir le téléphérique des Grands Montets dont la gare centrale à brulé, faisant tomber les cabines et les câbles associés !

Grand Pic de Belledonne, bivouac au lac Blanc

Grand Pic de Belledonne, bivouac au lac Blanc

Florian S. et moi allons ce week-end planter la tente en Belledonne et tenter l’ascension du plus haut sommet du massif, le Grand Pic de Belledonne. En plein mois de mars, c’est la promesse d’un itinéraire loin de la foule.

Nous partons vendredi dans l’après-midi et nous faisons héberger chez mes amis Mickaël et Gaëlle à Crolles.

Montée au Lac Blanc

Sur le trajet pour rejoindre le parking, nous sommes interrompus par la neige, et sans pneus neige ni chaînes, nous nous rendons à l’évidence : il y a trop de neige pour continuer plus loin. Alors nous laissons la voiture non loin du col de Pré Long. Je vais repérer plus loin pour constater que malheureusement la neige s’interrompt ensuite. En gros, trop de neige pour passer en voiture, mais pas assez pour démarrer avec les skis.

Gros dilemme au parking: prendre ou ne pas prendre les skis ? Car un sac de bivouac hivernal, c’est lourd. Très lourd, plus de 25kg. Alors y rajouter et porter les skis et chaussures de ski en plus, cela nous fait hésiter ..

Nous décidons de laisser la matériel de ski de randonnée à la voiture, ce qui constitue un gros risque puisque nous allons donc nous enfoncer dans la neige sur le trajet.

La montée se passe relativement bien, surtout pour moi qui me met derrière Florian qui fait la trace. Il faut dire qu’il a plus la caisse. L’arrivée dans les dernières pentes sous le lac Blanc invitent à réfléchir, les pentes sont nettement plus fortes ici. Nous choisissons de remonter dans une grosse coulée d’avalanche et après un petit passage qui fait hésiter Florian et chausse ses crampons, nous accédons finalement au replat au dessus du Lac Blanc.

Nous repérons un endroit plat et y installons la tente. L’objectif du lendemain est déjà à portée de vue: le Grand Pic apparaît au fond – tout à gauche sur cette photo.

Notre parcours

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190323-Bivouac au Lac Blanc 45.179559, 5.974803 Bivouac au Lac Blanc, BelledonneSortie: Grand Pic de Belledonne, bivouac au lac Blanc
  • Distance (km) : 9,2
  • Dénivelé (m) : +1040
  • Altitudes (m) : mini 1205, maxi 2250
  • Horaires : départ 11h57, arrivée 16h31

Le Grand Pic de Belledonne

Levés pour un départ vers 7h, nous remontons vers le glacier de Freydane, avec un regel non suffisamment fort – nous traversons la première couche et perdons un peu d’énergie au passage.

Arrivés au col de la Balmette, nous découvrons deux jeunes qui nous ont rattrapés, en arrivant depuis le col de Freydane. Ils nous doublent en empruntant un couloir de neige tandis que nous évoluons sur le rocher, et nous perdons alors beaucoup de temps à attendre qu’ils dégagent le couloir. Nous ne voulons pas nous y engager juste derrière eux car ils font dévaler trop de choses.

Notre parcours entre neige et rocher facile se poursuit jusqu’à nous mener à une section qui se redresse et dans laquelle Florian n’est manifestement pas tout à fait à son aise. Nous y perdons du temps, mais c’est un moindre mal : j’ai presque cru qu’il voudrait faire demi tour là.

Nous alternons régulièrement nos places dans la cordée et quand Florian reprend le lead dans l’une des rares sections grimpantes on voit bien que le rocher est plus son élément ;)

Quelques pas de grimpe et pentes de neige plus tard, nous voici arrivant au sommet.

La vue est plutôt sympa en ce jour de grand beau temps. Dans l’axe nous voyons le Lac Blanc, avec le massif de la Chartreuse en toile de fond.

Depuis le sommet, nous pouvons voir les deux jeunes qui nous ont doublé dans la montée : ils ont poursuivi l’enchainement des arêtes, et sont en train d’attaquer le Pic Central de Belledonne. Ils ne sont pas arrivés ..

Après avoir profité du sommet, nous faisons demi tour et revenons au col de Balmette. Il est maintenant tard, la neige a eu le temps de se transformer et nous revenons à la tente à coup de profondes enjambées.

Un léger petit vent s’est maintenant levé, alors nous faisons un diner à la fraiche, Florian ayant opté pour une place à l’intérieur de la tente, tandis que je reste accroupi à l’abri du vent grâce à la tente.

Notre parcours

Grand Pic de Belledonne

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Grand Pic de Belledonne 45.170710, 5.991368 Grand Pic de BelledonneSorties associées:Grand Pic de Belledonne, bivouac au lac Blanc
  • Distance (km) : 4,7
  • Dénivelé (m) : +800 -800
  • Altitudes (m) : mini 2050, maxi 2855
  • Horaires : départ 7h06, retour 18h44 (11h38)

Le retour

Assez de courage ou d’envie, chez Florian ou chez moi, pour engager une nouvelle course ce troisième jour, il n’y en a pas eu. C’était bien comme ça. Alors nous remballons le camp, et prenons le chemin du retour. Le temps s’est gâté et nous avons quelques passages dans le brouillard, mais que nous traversons rapidement.

Même à la descente, avec des sacs aussi lourds, le trajet me semble long et c’est avec beaucoup de plaisir que je dépose finalement le sac à la voiture sur le parking.

Notre parcours

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190425-retour du Lac Blanc 45.202914, 5.918165 retour du Lac Blanc, BelledonneSortie : Grand Pic de Belledonne, bivouac au lac Blanc
  • Distance (km) : 9,9
  • Dénivelé (m) : +70 -1060
  • Altitudes (m) : mini 1220, maxi 2230
  • Horaires : départ 9h19, arrivée 12h07

Florian raconte

Trois jours dans le massif de Belledonne avec Philippe. Au programme, le plus haut sommet du massif – le Grand Pic de Belledonne (2 977m) – en conditions hivernales. Et comme l’ami Philippe est en pleine préparation de son expédition à l’Alpamayo (et que, de toute façon, on a peur de rien !), nous optons pour le bivouac. Nous voici donc arrivant samedi matin au col de Pré Long, où nous avons la désagréable surprise de constater que non seulement la route n’est pas ouverte jusqu’au parking de la Souille, mais qu’il n’y a pas vraiment pas beaucoup de neige à cette altitude. Nous prenons donc une première décision stratégique, consistant à laisser les skis à la voiture et ne prendre que le matériel d’alpinisme et de bivouac (qui est déjà bien assez lourd comme ça!). Après une longue et pénible montée, nous arrivons finalement au Lac Blanc, où nous nous installons pour deux nuits. Dimanche, nous nous lançons à l’assaut de l’objectif du weekend avec un réel enthousiasme, mais une efficacité moins évidente – l’honnêteté me commande d’avouer que je suis quand même moins à l’aise que Philippe sur les pentes de neige raides et exposées, et que cela a forcément un impact sur la vitesse de progression de l’ensemble de la cordée. Bref, on n’a pas été ridicule, mais on n’aura pas non plus battu un record en matière de speed climbing et c’est en toute fin d’après-midi que nous retrouvons finalement notre bivouac. Lundi, nous redescendons tranquillement au parking via le grand couloir à l’ouest du Lac Blanc, avant de reprendre la voiture pour Paris. Au final, un bien bel itinéraire à parcourir en cette saison, avec une belle ambiance, un peu d’engagement et un sommet prestigieux – que demander de plus ?

Florian S.
Cascades dont Directe de l’arc de cercle et les Moulins

Cascades dont Directe de l’arc de cercle et les Moulins

[en cours de rédaction]

Nous nous étions échauffés deux semaines plus tôt avec Frédéric V.T. et nous repartons cette fois-ci à l’Argentière-la-Bessée.

Vendredi : Les formes du Chaos

Il a énormément neigé et personne n’a grimpé ces derniers jours, le vallon du Fournel est inaccessible. Alors s’étant levé plutôt tard ce vendredi, et ne sachant ce qui est praticable, nous visons une valeur sûre de bord de route :

J’ai débuté la cascade de glace en 2006 avec l’UCPA, et nous avions fait cette dernière, alors c’est est l’une des premières en tête avec Emilien et Laurent M (CAF IDF)

Samedi : La directe de l’arc de Cercle

Freissinières – Les Viollins : La direct de l’arc de cercle (TD- II 5. 200m) avec Laurent M

Dimanche : Les moulins

La Grave – Malaval versant S : Les Moulins – jusqu’au cigare (D I 4. 200m) avec Pierre et Emilien

Cascades à Cogne, dont Cold couloir et Eau de Cristaux

Cascades à Cogne, dont Cold couloir et Eau de Cristaux

Je suis maintenant jeune papa et forcément mon rythme de sorties en montagne va se ralentir. Heureusement je partage ma vie avec une autre passionnée de grand air, qui comprend voir m’encourage à sortir et ce week-end marque un début de reprise.

Je sors dans le cadre d’une sortie du CAF Ile de France, avec mon compagnon Frédéric V.T., dans l’optique d’un début de préparation de notre projet commun en juin prochain au Pérou. Nous avons deux participants avec nous : Laurent M. et Jonathan P. Nous prenons la route jeudi soir depuis Paris pour Cogne et nous couchons vers 2h30. Ca pique toujours autant.

Vendredi : E Tutto Relativo

Pour cette première journée nous choisissons une cascade en début de vallée:

E Tutto Relativo (D II 4. 200m) – en réversible, avec Laurent M. (CAF IDF)

Elle n’est pas très longue (200m) mais offre un très beau passage que l’on aperçoit dès l’approche.

La cascade est donnée en cotation 4, les plus faibles d’entre nous jugeront qu’elle pourrait valoir un 4+ :)

Nous finissons la cascade relativement tôt et en profitons du coup pour aller sur la cascade de Lillaz, où nous serons seuls pour enchainer quelques longueurs dans Lillaz et le passage raide à sa droite.

Samedi : Cold couloir

Cela fait maintenant un bon mois qu’il n’a pas neigé à Cogne. Notre groupe n’est pas très rapide, et Jonathan est encore débutant, mais nous pensons que l’occasion est trop belle et qu’il faut absolument en profiter pour aller affronter la plus longue cascade du secteur:

Cold couloir peut s’avérer être un beau piège à avalanches, tout le plateau supérieur pouvant s’écouler dans ladite cascade, il est donc impératif d’y aller par bonnes conditions.

(c) camptocamp

Nous prenons le départ relativement tôt, en espérant être les premiers.

Mais manifestement pas assez tôt; nous sommes coincés dès le départ derrière une autre cordée qui s’avère particulièrement lente. Et c’est peu rassurant compte tenu de l’ampleur de la course et ses 600m à gravir ..

Notre première cordée, menée par Frédéric, pousse derrière l’autre cordée, qui fini par proposer que nous les doublions mais nous ne saisissons pas l’occasion de le faire.

D’autres cordées avancent à bonne allure derrière et nous rejoignent.

Nous arrivons dans les dernières longueurs, qui se séparent et offrent de la place pour tous. Nous partons à droite et y seront seuls.

Frédéric s’arrête une longueur plus tôt pour débuter la descente en rappel avec Jonathan qui sera plus lent, l’heure à bien tourné et assurément nous finirons de nuit.

Laurent et moi allons jusqu’au bout des difficultés, et avant de basculer dans les pentes intermédiaires.

Nous enchainons ensuite les longueurs en descente en rappel, 12 au total, et c’est de nuit que nous finissons. C’est une sacrée belle ambiance dans la gorge de la cascade.

Dimanche : Eau de cristaux

Pour cette dernière journée, nous sélectionnons quelque chose de court et accessible :

Je grimpe avec Jonathan dans la section de gauche tandis que Laurent et Frédéric vont dans la section de droite et jusqu’au sommet.

La glace est très froide et cassante, si bien qu’il me faut taper de nombreuses fois que chaque ancrage. Et comme mine de rien, hier était une belle et longue journée, surtout pour une reprise en ce qui me concerne, je suis assez rapidement cuit des bras et même des molets.

Jonathan et moi finissons là, heureux de nos réalisations, et nous attendons nos camarades qui finissent leur longueur. Nous rejoignons les voitures et prenons le départ tôt dans l’après midi.